Occupation d’Ottawa, rétrospective
Fin janvier, des camionneurs canadiens opposés à l'obligation d'être vaccinés contre la COVID-19 pour franchir la frontière canado-américaine s'unissent pour former un convoi dit de la «liberté» en direction d’Ottawa. Le 29 janvier, ils sont plus de 8 000 manifestants et des centaines de camions à faire entendre leurs voix et leurs klaxons sur la colline parlementaire. La mouche a accouché d’un taon chemin faisant. Pendant le périple de 4 400 km séparant Vancouver d’Ottawa, le convoi pour la liberté ne cesse de grossir et gagne de plus en plus de partisans.
Ce qui devait être une manifestation comme bien d’autres s’apprête à devenir un siège qui va durer 23 jours pendant lesquels les manifestants règnent en rois et maîtres aux abords du Parlement du Canada. L’objectif de départ des manifestations a pris une toute autre envergure, les récalcitrants réclamant rien de moins que la levée de toutes les mesures sanitaires.
Ottawa est littéralement en état de siège Les commerces ferment, les habitants sont cloîtrés en résidence. L’état d’urgence est décrété par le maire d’Ottawa et bientôt par le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. Rien n’y fait, les manifestants continuent d’occuper les lieux sans coup férir.
Devant l’impasse, le premier ministre Justin Trudeau annonce le 14 février que le Canada va utiliser la loi sur les mesures d'urgence pour mettre fin aux manifestations. Après trois semaines d'occupation, des centaines de policiers débarquent le vendredi 18 février pour commencer à déloger les manifestants. Deux jours plus tard, le calme est de retour dans les rues du centre d'Ottawa, seulement une poignée de manifestants défiant encore la police.
Face à une telle escalade des revendications des manifestants, force est de constater que, dès le départ de l’Ouest canadien et aussitôt que le convoi s’est mis à prendre de l’ampleur, les autorités municipales d’Ottawa ont tout simplement fait preuve d’un manque de clairvoyance injustifié, voire inacceptable… En termes clairs, Ottawa n’aurait jamais dû être assiégée!
vigile.quebec tribune libre 21 février 2022