2 février 2025
Comme il fallait s’y attendre, la rentrée parlementaire à Québec a été perturbée par le spectre des velléités de Donald Trump d’imposer des tarifs douaniers de 25% sur les exportations canadiennes et, par ricochet, par la priorisation de mettre de l’avant un plan stratégique du gouvernement pour faire face à ces menaces.
Parmi ses priorités, François Legault propose de devancer la renégociation de l’accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) prévue pour 2026, alléguant que les menaces de Trump ralentissent déjà les projets d’investissements au Québec. «J’aimerais voir la renégociation de l’accord le plus tôt possible», a-t-il affirmé lors d’un point de presse, car jusqu’à ce que nous ayons cette renégociation, il y aura une certaine incertitude. Et j’ai constaté lorsque j’étais en affaires que l’incertitude est aussi pire qu’une mauvaise nouvelle».
Sur un autre plan, Québec prépare déjà un plan d’aide destiné aux entreprises et aux citoyens, François Legault réitérant sa demande pour que le Canada adopte un «Buy Canada Act» visant à répliquer au Buy America Act. «On peut très bien mettre en place des pénalités pour les entreprises américaines qui voudraient soumissionner dans certains contrats», argue le premier ministre.
Or dans cette foulée, je demeure sceptique sur la pertinence de répliquer du tac au tac au géant américain. En effet, en forçant les Américains à payer 25% plus cher pour nos produits, Trump pénalise ses industries et sa population. De ce fait, une réplique identique de la part des dirigeants canadiens, et forcément québécois, risque de nuire à notre propre compétitivité et de diminuer notre pouvoir d'achat, la mission première de nos gouvernements n’étant pas de sévir contre Trump pour ses élucubrations, mais plutôt de protéger et de promouvoir les intérêts économiques des Canadiens et de leurs entreprises.
Donald Trump incarne sans l’ombre d’un doute un personnage imprévisible. À cet effet, des rumeurs circulent dans les officines du président à l’effet que l’échéance du 1er février pour le début des tarifs douaniers soit reportée au 1er avril. En attendant, il faut condamner vivement toute approche vindicative envers l’éléphant dans la pièce qui, jusqu’à nouvel ordre, en est encore à ses premiers barrissements.
vigile.quebec tribune libre 30 janvier 2025
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2 février 2025
À l’issue d’une tournée réalisée dans près d’une vingtaine d’écoles cet automne qui lui a permis de rencontrer environ 500 élèves, la commission spéciale sur les impacts des écrans chez les jeunes en arrive à la conclusion qu’une majorité d’élèves sont en faveur de l’interdiction complète du cellulaire à l’école, y compris pendant les pauses et la période du dîner.
Un résultat qui peut paraître étonnant si l’on tient compte des commentaires des analystes sur la dépendance des ados aux diverses applications des médias sociaux. «Les jeunes, ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils désirent être encadrés puisqu’ils sont bien au fait des risques associés à l’utilisation des écrans», affirme la députée caquiste Amélie Dionne, qui préside les travaux de cette commission. Et, de surcroît, les élèves se réjouissent de pouvoir faire plusieurs autres activités à l’extérieur des heures de cours.«C’est une mesure qui leur permet de faire autre chose qu’être sur les écrans», argue la présidente de la commission.
Dans la mesure où l’école incarne notamment un milieu propice à la socialisation, il est réconfortant de constater ce détachement des jeunes à l’égard du cellulaire qui, de toute évidence, les enveloppe inexorablement dans un carcan anti-productif. Le cellulaire est officiellement interdit en classe depuis le 1er janvier 2024, à la suite d’une directive ministérielle. Dans l’hypothèse où l’interdiction du cellulaire à l’école serait sanctionnée par le ministre de l’Éducation, les écoles secondaires du Québec franchiraient un pas de géant dans la qualité de vie autant des intervenants que celle des adolescents.
Dans un contexte où les médias sociaux se sont infiltrés pernicieusement dans toutes les sphères de la société en général, il faut se réjouir de l’ouverture des ados à qui on reproche, souvent à tort, leur réticence quasi systémique à toute forme de restrictions s’ingérant dans leur mode de vie. Peut-être pouvons-nous espérer que ce retour aux sources de la communication rétablisse un tant soit peu les bienfaits de la vie en société.
vigile.quebec tribune libre 28 janvier 2025
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27 janvier 2025
À mon époque, qui n’est pas tellement lointaine, il existait dans les écoles québécoises du primaire et du secondaire deux types d’évaluations, soit une formative et une sommative. L’année scolaire comportait quatre étapes dont deux se terminaient par une communication aux parents portant sur l’évaluation formative, et deux sur l’évaluation sommative. Pour des besoins de clarté envers les lecteurs, on appelait les évaluations formatives l’ensemble des travaux réalisés par les élèves pendant les première et troisième étapes, et les évaluations sommatives les examens auxquels étaient soumis les élèves à la fin des deuxième et quatrième étapes. À toutes fins pratiques, cette formule comportait un double avantage, le premier, assurer une évaluation permanente étalée sur toute l’année, et le deuxième, réduire les corrections d’examens sur deux étapes exclusivement.
Or aujourd’hui, selon une forte majorité des membres de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), le temps consacré à l’évaluation nuirait à l’apprentissage des élèves et, de ce fait, ils privilégieraient la réduction de trois à deux bulletins scolaires par année comme à l’époque de la COVID-19.
Selon moi, il m’apparaîtrait pertinent de revenir à une définition de l’évaluation qui englobe toutes les facettes des travaux et exercices réalisés en classe par les élèves, lesquels seraient communiqués aux parents par une cote se situant de A à E évaluée par l’enseignant à la fin de deux étapes, et les résultats à des examens des deux autres étapes, une formule qui diminuerait de moitié le temps d’évaluations traditionnelles et, par ricochet, la période fastidieuse de corrections d’examens sommatifs.
De mon point de vue, il est inconcevable d’affirmer que l’évaluation «nuirait à l’apprentissage des élèves». En réalité, l’évaluation des élèves représente un processus permanent et nécessaire qui permet un retour factuel sur l’acquisition des connaissances des élèves, et qui ne doit pas se voir entravée par une définition réductrice qui la confine dans le carcan des sessions d’examens traditionnelles.
vigile.quebec tribune libre 27 janvier 2025
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26 janvier 2025
Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, certains analystes politiques passent au peigne fin les effets que la politique impérialiste du président américain pourraient susciter sur l’option souverainiste du Québec et, par ricochet, sur la pertinence ou non de tenir un référendum dès le premier mandat du Parti québécois (PQ) advenant son élection en 2026.
D’entrée de jeu, en 2026 se tiennent aux États-Unis les élections de mi-mandat ce qui, à toutes fins pratiques, marque le début de la fin pour le gouvernement trumpiste, et un début de mandat pour un éventuel gouvernement péquiste. D’ici là, le Québec doit se montrer solidaire du ROC face à une éventuelle imposition de tarifs sur les exportations provenant du Canada.
Par ailleurs, peu importe les fantasmes les plus saugrenus de Donald Trump à l’égard de l’annexion du Canada comme 51ième État des USA, le Québec incarne et incarnera toujours une société distincte par sa langue et sa culture à l’intérieur du Canada. Et de ce fait, les Québécois seront toujours légitimés de se prononcer sur sa destinée en tant que nation indépendante. À cet effet, lors d’une récente rencontre avec son caucus, le chef péquiste affirmait que sa formation peut s’occuper d’enjeux «très pratico-pratiques» telles des solutions pour la sécurité à la frontière et tabler sur son projet d’indépendance simultanément. Pour employer une image sans équivoque, il est toujours possible de mâcher de la gomme tout en marchant.
En résumé, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) s’est engagé à tenir un référendum sur la souveraineté du Québec dans un premier mandat ce qui placerait l’échéance en 2030 soit au moment où Donald Trump ne sera plus en fonction. Entre temps, face aux commentaires électoralistes provenant de François Legault et de Marc Tanguay sur la pertinence de l’«ingérence» de la démarche du PQ vers l’indépendance du Québec dans un contexte où l’avenir économique du Canada est menacé, PSPP a tout avantage à s’en tenir éloigné tout en se montrant déterminé à respecter ses engagements envers les Québécois à l’égard de son échéancier menant à un référendum sur l’indépendance du Québec.
vigile.quebec tribune libre 26 janvier 2025
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26 janvier 2025
À toutes fins pratiques, deux candidats se démarquent nettement dans la course à la succession de Justin Trudeau à titre de chef du Parti libéral du Canada (PLC) et de premier ministre du pays, soit Chrystia Freeland et Mark Carney. De son côté, Chrystia Freeland, ex-ministre des Finances, incarne bien malgré elle l’explosion catastrophique du déficit budgétaire, la continuité du règne Trudeau et, de facto, un frein au désir de changement des militants. De l’autre, l’ex-gouverneur de la Banque du Canada, frais émoulu en politique et armé d’une expérience indiscutable dans le monde des finances. De surcroît, trois ténors du PLC se sont rangés aux côtés de Mark Carney dans la course à la direction du parti, soit Mélanie Joly, Steven Guilbeault et François-Philippe Champagne.
Depuis son départ fracassant du cabinet de Justin Trudeau, plusieurs ministres et députés libéraux reprochent à Chrystia Freeland sa désinvolture envers sa solidarité à l’égard du PLC, et, par ricochet, le chaos démobilisant qu’elle a suscité au sein du parti en se retirant cavalièrement du caucus. De fait, on a l’impression qu’elle joue dans un mauvais film dans lequel elle cherche à se distancier de l’ombre de Justin Trudeau qui plane sans relàche.
Dans ces circonstances, Chrystia Freeland réussira-t-elle à se défaire du spectre de Justin Trudeau qui lui fait malencontreusement ombrage? Sa course à la chefferie du PLC parviendra-t-elle à remettre en lumière ses talents de négociatrice manifeste qu’elle a démontrés dans l’épineux dossier de l’ALENA? Enfin, arrivera-t-elle à faire la preuve qu’elle se distingue comme étant la meilleure représentante du Canada face à un Donald Trump omnipuissant? La pente est abrupte et le défi, colossal mais surmontable dans un monde où l’ imprévisibilité se manifeste à maintes occasions…
vigile.quebec tribune libre 25 janvier 2025
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26 janvier 2025
En plein boum de la pénurie de main d’oeuvre liée à la pandémie en septembre 2021, François Legault clame haut et fort «une petite révolution dans la gestion du réseau de la santé» notamment par le versement d’un bonus de 12 000 $ pour les infirmières du privé ou à la retraite qui reviendraient à temps plein au public. Or quelque trois ans plus tard, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, annonce le licenciement de quelque 1000 employés, les premiers touchés faisant nécessairement partie des derniers entrés en vertu du principe de l’ancienneté régi par les conventions collectives, et tout ce brassage de cartes sans porter ombrage à la qualité des soins envers les patients, affirme Christian Dubé.
De toute évidence, le spectre du déficit prévu de 1,5 milliard $ dans le réseau de la santé plane au-dessus des «top guns» de Santé Québec cantonnés dans les hautes sphères de la pyramide et, face à ce monstre financier, ils ont finalement opté pour la solution la plus «facile», soit de troquer la carotte pour le bâton.
vigile.quebec tribune libre 25 janvier 2025
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25 janvier 2025
À n’en pas douter, François Legault espère redorer son blason passablement terni depuis plusieurs mois en se présentant comme l’ardent défenseur des Québécois contre la menace des tarifs douaniers de Donald Trump sur les importations canadiennes. «On va passer à travers» a clamé haut et fort le chef de la CAQ lors du caucus présessionnel du parti. Un cri de ralliement qui ressemble étrangement au fameux «Ça va bien aller» du temps de l’épidémie de la COVID 19.
Or de là à comparer ce combat économique avec la lutte sanitaire contre le coronavirus, il y a tout un monde. En effet, indépendamment que les deux opposants soient issus du milieu des affaires, la comparaison s’arrête là. Et de un, les impacts des leviers économiques dont disposent les intervenants n’ont pas le même poids, de deux, leur mandat en est au début pour l’un et tire à sa fin pour l’autre, de trois, les armes de combat s’avèrent tout simplement inégales, et de quatre, les motifs à l’origine des combats réfèrent à deux mondes complètement différents.
En termes clairs, le «bon père de famille» protégeant ses ouailles contre les effets dévastateurs de la COVID ne dispose pas des outils nécessaires pour juguler la menace du président américain, la force de frappe devant émerger en grande partie d’Ottawa. À cela s’ajoute, faut-il le mentionner, que l’épisode de la pandémie a dégénéré en une tragique hécatombe eu égard aux personnes âgées dans les CHSLD, une tragédie bien ancrée dans le coeur des proches des victimes.
Monsieur Legault, vous devez vous rendre à l’évidence. Quoique le Québec soit relativement assez bien pourvu en richesses naturelles et minières stratégiques dont bénéficient les USA, elles représentent une infime partie des importations américaines. Et de surcroît, la lutte contre le coronavirus touchait les cordes vitales de tous les Québécois tandis que le combat contre les menaces de Trump oppose des stratégies économiques reliées aux relations entre le Canada et les États-Unis. De ce fait, il m’apparaît bien téméraire d’établir quelque comparaison entre entre le bon père de famille et le bon gestionnaire. Comme le dit l’adage bien connu, «toute comparaison cloche».
vigile.quebec tribune libre 23 janvier 2025
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22 janvier 2025
Faisant fi de la nomination de soi-disant «gestionnaires de choc» («top guns») pour mener la nouvelle société d'État lors de sa création, Santé Québec octroie la somme de 103 000$ à une agence de marketing externe pour l’aider à trouver son identité et dont le mandat officiel est d’«élaborer les fondements stratégiques de la marque de Santé Québec». Or était-il nécessaire, voire opportun, de puiser dans les poches des contribuables et d’engager les services d’une firme externe pour répondre à un tel mandat?
On nage en pleine tragi-comédie. Au même moment où la grande patronne, Geneviève Biron, annonce que le déficit du réseau de la santé pourrait atteindre jusqu’à 1,5 milliard de dollars au prochain budget, et appelle les établissements de santé à faire le grand ménage dans leurs dépenses, Santé Québec s’interroge sur son identité et pire encore, fait appel à grands frais à des consultants externes pour la définir.
À mon sens, dès lors que Santé Québec devient l’employeur unique des salarié-es du réseau public de la santé et des services sociaux, soit le 1er décembre 2024, un plan stratégique aurait dû être préalablement élaboré par les membres du conseil d’administration en vue d’une saine gestion des mandats conférés à la société d’État.
De toute évidence, Santé Québec a du plomb dans l’aile dès son départ. Au lieu de se présenter au personnel des établissements de santé comme des appuis à une meilleure qualité de vie dans sa première communication écrite avec le personnel de santé, Santé Québec lance un appel démobilisant à une gestion orientée vers l’austérité. Comme premier contact avec ses commettants, disons que les gestionnaires ont manqué pour le moins leur arrivée en poste!
Enfin, pour couronner cette entrée chaotique au sein du MSSS, la jeune société d’État a dépensé 1,7 M$ en contrat avec des consultants externes depuis juin 2024 dont le mandat consistait à accompagner les établissements de santé dans leur transition vers Santé Québec. Mais diantre, où sont terrés les fameux «top guns»?
vigile.quebec tribune libre 22 janvier 2025
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22 janvier 2025
"Dieu m'a sauvé pour que je rende sa grandeur à l'Amérique", lance solennellement le président Donald Trump à l'occasion de son allocution qui a suivi son assermentation, en référence à la tentative d'assassinat contre lui en juillet 2024. "Make America great again" en réponse au "déclin" que nous a légué l'administration Biden. Mettant à profit la journée de commémoration envers Martin Luther King, Donald Trump, a clamé haut et fort "I have a dream" en guise de ralliement du peuple américain autour de son "rêve" de relancer le pays sur la voie de la plus grande puissance mondiale. C'est le début de l'"âge d'or américain", argue avec vigueur le 47ième président des États-Unis en ouverture de discours. Un discours profondément inspiré par la vengeance et la soif du pouvoir.
C'est bien connu, Donald Trump a toujouts clamé haut et fort qu'il s'était fait ravir l'élection de 2020 par les sbires démocrates, une attitude revancharde qui l'a mené jusqu'à sa victoire incontestable de 2024 et qui lui a octroyé la majorité du vote populaire en plus de celle des grands électeurs. De ce fait, le nouveau président a maintenant en mains tous les àtouts pour manoeuvrer sans coup férir. De sucroît, il a su s'entourer d'une garde rapprochée de milliardaires marquée sous le sceau de la loyauté à son égard.
Donald Trump est dorénavant installé bien en selle pour déconstruire une bonne partie des réalisations de son prédécesseur. À ce sujet, il était pitoyable de voir l'ancien président assis à quelques mètres de Trump, stoïque, pendant que son successeur abattait une à une les politiques de son gouvernement démocrate à commencer par son laxisme le long des frontières canado-américaines. De surcroît, le nouveau président s'en est pris violemment aux sommes astronomiques versées par Joe Biden à l'Ukraine dans le conflit qui l'oppose à Vladimir Poutine, alléguant qu'il pourra négocier la paix entre les deux pays en l'espace d'une journée.
"Celui qui s'applique à la vengeance garde fraîches ses blessures", plaide le philosophe Francis Bacon, une réflexion qui remet sérieusement en question la démarche acrimonieuse de Donald Trump. Jusqu'où le nouveau locatare de la Maison-Blanche ira-t-il dans ses velléités impérialistes guidées par un sentiment de vengeance tatoué au coeur? Les prochaines semaines seront révélatrices à cet égard…
vigile.quebec tribune libre 21 janvier 2025
Le Soleil (version numérique) 22 janvier 2025
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19 janvier 2025
Auteur-compositeur prolifique de quelque 400 chansons, Stéphane Venne s’est éteint à l’âge de 83 ans. Son départ emporte avec lui des chansons fétiches du répertoire québécois, telles Et c’est pas fini, Le temps est bon, Un jour, un jour, chanson-thème de l’exposition universelle de Montréal en 1967, ainsi que Demain nous appartient choisie par le Parti québécois comme thème pour sa campagne électorale de 1976.
Toutefois pour la petite histoire, à une préposée qui lui demandait sur son lit d’hôpital à la fin de sa vie quelle était sa chanson préférée, il répondit spontanément Il était une fois des gens heureux dans laquelle le choix judicieux de ses mots nous transportent, comme par magie, dans les «romances anciennes». «Il était une fois des gens heureux/ C'était en des temps plus silencieux/ Parlez à ceux qui s'en souviennent/ Ils savent encore/ Les mots des romances anciennes/ Où ça disait toujours "le monde est beau"».
À l’évidence, Stéphane Venne a marqué de façon indélébile l’inconscient collectif des Québécois par la variété des thèmes qu’il a explorés dans ses chansons dans lesquelles l’amour, la nostalgie et l’espoir s’entrecroisent et nous enveloppent avec douceur et limpidité en compagnie, notamment, de Renée Claude, Isabelle Pierre, Emmanuëlle et Marie-Élaine Thibert avec lesquelles il a entretenu toute sa vie des liens d’une d’une profonde amitié.
Stéphane Venne était un artiste discret peu enclin à s’exposer devant les projecteurs. De ce fait, il aura été de ces artistes dont le talent s’est manifesté par la voix des interprètes qui se sont prêtés à le manifester devant les écrans. Cinquante ans plus tard, l’harmonieuse musicalité derrière la poésie de ses paroles a traversé admirablement le temps tout en douceur tel un ruisseau coulant lentement dans les veines de son public qui lui est resté fidèle tout au cours de sa carrière et encore aujourd’hui.
Merci à vous, monsieur Venne, pour votre contribution exceptionnelle à la pérennité de la chanson québécoise. Nous fredonnerons encore longtemps, grâce à vous, l’hymne à la beauté du monde «en des temps plus silencieux» dont le monde d’aujourd’hui a grandement besoin…
vigile.quebec tribune libre 19 janvier 2025
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