Il faut rendre à César…

5 mars 2025

Dans un article publié dans Le Devoir du 31 janvier 2025 intitulé Dix conseils pour négocier efficacement avec Donald Trump, le psychanalyste émérite et ancien professeur de psychiatrie au George Washington University Médical Center, Justin A. Frank, donne quelques clés pour tenter de décortiquer les mécanismes qui soutiennent les pensées de Donald Trump. Parmi celles-ci, "s'attendre à se faire intimider, toujours commencer par le flatter, savoir se montrer ferme, prévoir ses changements d'humeur, garder en tête qu'il est impossible de conclure un accord avec Trump".

Or dans la saga ayant conduit le président des USA Donald Tump à l’imposition de tarifs de 25% sur les exportations canadiennes, le premier ministre Justin Trudeau et son équipe ont tenté par tous les moyens de convaincre Donald Trump d’abandonner cette idée qui conduirait à des résultats où les deux parties seraient perdantes sur tous les plans. En revanche, Donald Trump n’a cessé d’intimider le premier ministre du Canada en le qualifiant de «gouverneur» du 51ième État des États-Unis.

D’entrée de jeu, je n’ai jamais éprouvé quelque sympathie pour le style que je qualifierais de «mollasson» de Justin Trudeau à l’égard de la promotion de ses dossiers, notamment en politique internationale. Or à quelques jours de son retrait de la politique active, force est de constater que l’exaspération du premier ministre sortant a atteint son paroxysme. À ses yeux, les lamentations de Donald Trump concernant le trafic de fentanyl à la frontière ne sont qu’un prétexte bidon pour invoquer une urgence nationale qui lui permet de contourner sans coup férir les ententes commerciales en vigueur, d’affaiblir l’économie du Canada et de profiter de sa situation de faiblesse pour mieux enfoncer le clou sur l’annexion du Canada.

Jamais Justin Trudeau ne s’est montré aussi sombre et cinglant dans ses critiques envers Donald Trump, qualifiant sa stratégie à l’égard des tarifs de «stupide», se disant appuyé de surcroît dans cette approche par l’ensemble des Canadiens. Le temps des salamalecs est révolu. Justin Trudeau a revêtu son armure de guerrier. L’heure est venue d’applaudir sa fermeté et de rendre à César ce qui appartient à César.

 https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/837739/dix-conseils-negocier-efficacement-donald-trump

vigile.quebec tribune libre 5 mars 2025
Le Devoir (version abrégée) 7 mars 2025

 

 

Trump, catalyseur du mouvement indépendantiste du Québec

4 mars 2025

Nonobstant les effets catastrophiques des menaces du président américain, Donald Trump, à l’égard des tarifs douaniers sur les exportations canadiennes, un récent sondage Léger révèle que le PQ continue de dominer quand même les intentions de vote des Québécois en obtenant les appuis de 34% au Québec contre 25% pour la CAQ de François Legault si une élection générale se tenait maintenant.

Or dès les premiers jours de son assermentation à titre de président des USA, Donald Trump s’est empressé de lancer des attaques en règle contre la souveraineté du Canada en clamant haut et fort ses velléités d’annexer le Canada, y compris le Québec, comme 51ième État des États-Unis d’Amérique, une intention qui fait ressortir hors de tout doute la perception transcendante et éhontée de Donald Trump envers le Canada.

Dans un tel contexte, et quoique cette hypothèse demeure peu plausible, le Québec ferait partie intégrante des États-Unis, une perspective potentiellement susceptible d’agir comme catalyseur du mouvement souverainiste d’un Québec aspirant se libérer du joug fédéraliste et devenir de facto maître de son destin sur la scène géopolitique mondiale.

On prétend souvent qu’il faut tirer des leçons de toute situation déconcertante et déstabilisante. À ce titre, la désinvolture méprisante de Donald Trump envers l’intégrité des Québécois relance avec opportunité la pertinence du débat référendaire sur l’accession du Québec à son statut de pays francophone et souverain au sein de l’Amérique du Nord.

vigile.quebec tribune libre 4 fmars 2025

Geneviève Guilbault doit démissionner

3 mars 2025

Les faits sont accablants. La ministre des Transports et responsable de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), Geneviève Guilbault, a été bel et bien informée de la situation problématique de la SAAQ dans le dossier SAAQclic dès le 2 novembre 2022 lors d’une rencontre avec la direction de la SAAQ à son cabinet afin de se faire briefer sur le projet CASA/SAAQclic. Or cette rencontre n’apparaît pas à l’agenda public de la ministre.

Par ailleurs, le rapport de la vérificatrice générale du Québec, sans porter préjugé directement à la ministre des Transports, soulève des questions inquiétantes, voire incriminantes, concernant le déroulement chaotique des événements. Dans cette foulée, de nombreuses révélations se sont succédé dans les médias, ce qui a mené à la démission du ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire.

Comme tous les ministres, Geneviève Guilbault est redevable du principe de la responsabilité ministérielle et, de facto, elle est imputable des décisions reliées aux fonctionnaires de son ministère. «Moi, je n’avais pas la vanité de penser que j’ai suffisamment d’expertise informatique pour me plonger dans le détail de tout ce qui a été élaboré pendant dix ans», argue la ministre. Or un écart béant de l’ordre de 500 millions$ entre les estimations de départ dans le dossier SAAQclic et les dernières données ne nécessite pas d’«expertise informatique».

De toute évidence, Geneviève Guilbault se prête au jeu du chat avec la souris. Son argumentaire basé sur le fait qu’elle a été bernée par les membres du conseil d’administration de la SAAQ ne tient tout simplement pas la route devant sa présence avouée à une rencontre antérieure avec la direction de la SAAQ sur l’état inquiétant de l’évolution du dossier SAAQclic. En conséquence, je suis d’avis que Geneviève Guilbault doit démissionner illico de son poste de ministre en raison d’un manquement grave lié à sa mauvaise gestion des deniers publics.

vigile.quebec tribune libre 3 mars 2025

Où est passée la responsabilité ministérielle?

3 mars 2025

Selon Wikipédia, «Devant l'Assemblée nationale, un ministre doit répondre non seulement de ses propres actions, mais aussi de celles de ses fonctionnaires. Il pourrait même être forcé de démissionner en raison d'un cas important de mauvaise gestion». De facto, dans l’épineux dossier de SAAQclic, il devient évident que le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire, a manqué à son devoir de responsabilité ministérielle. Or le 27 février, alors que la controverse entourant le projet SAAQclic ne cesse de s'amplifier, Éric Caire annonce sa démission de son poste de ministre de la Cybersécurité et du Numérique. Dans une déclaration transmise aux médias, il affirme avoir assumé ses responsabilités dans ce dossier, tout en admettant ne pas avoir été «assez méfiant». Toutefois, il juge que la situation est devenue une distraction nuisible pour le gouvernement et le premier ministre, ce qui l’amène à remettre sa démission… ou à avoir été forcé de démissionner, c'est selon.

Rappelons que SAAQclic a vu l'estimation de ses coûts de réalisation passer de 638 millions à 1,1 milliard de dollars et ce, à l'insu de l'ex-minitre des Transports et responsable de la SAAQ, François Bonardel, et de sa collègue occupant aujourd'hui les mêmes fonctions, Geneviève Guilbault. Selon leur version des faits, les administrateurs de la SAAQ leur ont camouflé ces dépassements de coûts. En termes clairs, selon leurs dires, les ministres Caire, Bonardel et Guilbault ont été littéralement floués.

Quoi qu'il en soit, qu'ils aient été informés ou non des tractations pour le moins douteuses dans le dossier SAAQclic, les ministres caquistes sont ou étaient les premiers responsables de cette saga éhontée en vertu de la responsabilité ministériellle et, de ce fait, ils doivent démissionner de leur poste "en raison d'un cas important de mauvaise gestion".

vigile.quebec tribune libre 2 mars 2025

SAAQclic de toutes parts…

3 mars 2025

La saga reliée au dépassement exorbitant des coûts de l’ordre de quelque 500 millions$ dans l’épineux dossier de SAAQclic prend des dimensions qualifiées de «plus gros scandale, sur le plan financier, de notre histoire politique», aux yeux du chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon. De son côté, le gouvernement, par les voix de Geneviève Guilbault et Sonia Lebel, réclame une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), et une autre de l’Autorité des marchés publics (AMP). Enfin pour QS et le PQ, seule une commission d’enquête publique indépendante permettrait de faire toute la lumière sur la gestion hors contrôle du virage numérique dans l’appareil gouvernemental et l’octroi des contrats informatiques.

Par ailleurs, l’étendue des passages caviardés sur les compte-rendu de la SAAQ qu’ont reçus les oppositions démontre de toute évidence que des informations ont été délibérément rayées, un constat qui dénote hors de tout doute qu’il y a anguille sous roche.Or le gouvernement, comme il en a pris l’habitude depuis qu’il est au pouvoir, semble éviter toute piste de vérification qui pourrait, d’une manière ou d’une autre, compromettre son imputabilité dans ce dossier.

Des milliers de contribuables québécois ont été échaudés à l’égard de leur qualité de vie par les conséquences de ces montagnes russes empruntées par la SAAQ. De facto, ils sont en droit de connaître toute la vérité sur ce maelstrom informatique scandaleux. Vivement une commission d’enquête publique indépendante pour étaler toute la vérité sur cette affaire pour le moins fort préjudiciable envers les Québécois.

vigile.quebec tribune libre 26 février 2025

Un débat sur fond de baragouinage

3 mars 2025

Qu’on se le dise franchement, le débat en français entre les candidats à la direction du Parti libéral du Canada (PLC) a donné lieu à un spectacle dans lequel les acteurs avaient peine à s’exprimer dans un français pour le moins correct. Le résultat? Deux pénibles heures au cours desquelles la langue de Molière a été confrontée sans relâche à un baragouinage frisant souvent l’incompréhension, les deux candidats favoris dans la course, Mark Carney et Chrystia Freeland, marquant le ton.

Or dans un pays s’affichant ouvertement bilingue, force est de constater que le français fait office de parent pauvre lorsqu’il est temps de s’adresser à la population francophone à la grandeur du pays, le dernier débat en français des aspirants à la chefferie du PLC en faisant indubitablement foi. Dans cette foulée, la triste performance du premier aspirant à la tête du parti libéral, Mark Carney, était truffée d’erreurs lexicales et syntaxiques dignes d’un débutant dans l’apprentissage du français. En fait, dans l’hypothèse où l’ex-gouverneur de la Banque du Canada était désignée comme premier ministre du Canada, il sera intéressant de surveiller comment il se comportera devant Pierre Poilievre, un politicien aguerri et parfaitement bilingue. Il y a fort à parier que le chef conservateur éprouvera un malin plaisir à le mettre en boîte à répétition à la Chambre des communes.

En bref, cette carence outrancière envers la connaissance du français de la part des politiciens fédéraux dénote à n’en pas douter un je-m’en-foutisme dénigrant qui se manifeste sans coup férir dans les débats politiques, faisant place de facto à un baragouinage éhonté de la part des supposés défenseurs du bilinguisme canadien. Quelle farce monumentale!

vigile.quebec tribune libre 26 février 2025

Un brin de nostalgie patrimoniale

25 février 2025

Le triomphe de Joe Malone et des Bulldogs de Québec qui remportent deux coupes Stanley en 1912 et 1913 a, entre autres, profondément marqué la mémoire collective des amateurs de hockey de la vieille Capitale. À la suite de l’incendie du Pavillon de la jeunesse le 15 mars 1949, les Québécois se retrouvent avec deux bonnes équipes de hockey, soit les As et les Citadelles, mais sans amphithéâtre. Or dès le lendemain du sinistre, le maire de Québec de l’époque, Lucien Borne, annonce en grandes pompes que le Colisée sera reconstruit dans les plus brefs délais. Deux raisons expliquent la rapidité avec laquelle s’est construit le nouvel amphithéâtre. D’abord, il faut souligner la volonté politique du maire Borne qui veut agir rapidement. De plus, l’arrivée d’un joueur étoile avec les Citadelles, un certain Jean Béliveau, ajoute à la pression. Le nouveau Colisée est finalement inauguré en décembre 1949. Depuis lors, de Jean Béliveau avec les As de Québec à Guy Lafleur avec les Remparts en passant par Peter Stastny avec les Nordiques, le Colisée a vu émerger une pléiade de vedettes de la LNH.

Québec est une ville de hockey, son passé glorieux en faisant foi, un passé aujourd’hui voué sans vergogne à la démolition. Le maire de Québec, Bruno Marchand, voit poindre dans sa boule de cristal un méga-projet résidentiel et commercial, une idée au goût du jour dans un contexte de pénurie de logements. Encore une fois, le glamour de la modernité éclipse sans coup férir la richesse du patrimoine. Le passé doit inéluctablement céder sa place à l’avenir, c’est la loi du plus fort.

Toutefois, en attendant que les grues géantes se mettent à l’assaut de cet édifice patrimonial qu’incarne le Colisée de Québec, je me permets d’inviter les infortunés nostalgiques à prendre la plume et à faire parvenir leurs doléances au cabinet du maire de Québec en guise de résistance envers l’attrait de la sempiternelle évolution au détriment de la pérennité historique.

vigile.quebec tribune libre 25 février 2025

Doit-on baliser les absences des élèves?

24 février 2025

Du temps où j’’occupais le poste de directeur d’école au secondaire, l’élève s’étant absenté de l’école, et ce peu importe le nombre de jours, devait présenter à son responsable un billet signé par un parent motivant les raisons de son absence. Dans le cas contraire, les parents étaient automatiquement contactés par téléphone et, dans l’hypothèse d’une absence non-motivée, l’élève écopait d’une sanction.

Or aujourd’hui, le phénomène de l’absentéisme des élèves s’accroît de manière inquiétante pour des motifs reliés notamment à la participation à des compétitions sportives ou artistiques, ou à des voyages liés à des vacances en famille. Une situation fort préoccupante qui dénote de toute évidence une forme de laxisme irresponsable de la part des parents dont la responsabilité première est de veiller à favoriser la présence en classe de leur enfant d’autant plus que l’enseignant n’est pas tenu d’offrir quelque travail scolaire de récupération pendant l’absence de l’élève liée à ces activités extra-scolaires.

La présence du jeune à l’école, hormis les absences pour des motifs de santé justifiables, est obligatoire. Dans ce contexte, elle doit être encadrée à l’intérieur de balises qui déterminent une limite du nombre de journées d’absence acceptables au cours d’une année scolaire. En revanche, les parents doivent être sensibilisés aux conséquences des absences non-motivées de leur enfant, notamment les retards accumulés sur les matière concernées pouvant conduire à une démobilisation de l’élève, voire à son décrochage. Conséquemment, la collaboration entre les parents et l’école s’avère essentielle à la bonne marche de la mission éducative de l’école qui implique, entre autre, la responsabilisation de toutes les parties prenantes au développement global de l’adulte en devenir.

vigile.quebec tribune libre 24 février 2025

Élan patriotique

23 février 2025

«Vous ne pouvez pas prendre notre pays et vous ne pouvez pas prendre notre sport», a déclaré sur X le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, à la suite de la victoire de 3-2 du Canada sur les Américains en finale de la Confrontation des 4 nations. Une partie qui s’est déroulée sous haute tension patriotique, résultat des déclarations sans cesse répétées du président américain, Donald Trump, eu égard à ses velléités d’annexer le Canada comme 51ième État des USA. Le TD Garden de Boston était littéralement survolté lorsque l’attaquant vedette et capitaine des Oilers d’Edmonton, Connor McDavid, enfila le but de la victoire pour le Canada en période supplémentaire. Rarement, depuis la victoire du Canada contre l’URSS à l’occasion de la série du siècle de 1972, un match de hockey entre deux nations n’a suscité autant d’élan patriotique dans les gradins. Dans ce contexte de vibrante fébrilité émotive, les Canadiens ont remporté une double victoire sur les États-Unis, une à l’égard de l’unifolié rouge et blanc, une autre, de notre sport national.

vigile.quebec tribune libre 23 février 2025

Chapeau à Chantal Kreviazuk

23 février 2025

L’interprétation de l’hymne national canadien par Chantal Kreviazuk d’origine ukténienne, auteur-compositrice- interprète canadienne née en 1973 à Newton, au Manitoba, à l’occasion de la finale de la Confrontation des 4 nations entre le Canada et les États-Unis, a sorti subtilement de son cadre, transformant le passage qui dit «in all of us command» pour «that only us command», un pied de nez au président américain Donald Trump à l’égard de ses intentions d’annexer le Canada comme 51ième état des États-Unis, et de son mépris éhonté envers l’Ukraine, le pays de ses ancêtres. Chapeau à vous, Mme Kreviazuk, pour votre courage et votre patriotisme affirmé avec fierté.

vigile.quebec tribune libre 23 février 2025