24 mai 2023
La CAQ n’échappe pas à la tendance très fréquente eu égard aux difficultés inhérentes à un deuxième mandat. Bien assise sur ses lauriers avec l’élection de 90 députés, le cynisme et l’arrogance de la part de certains ministres font partie du train-train quotidien.
De l’autre côté de la rivière Outaouais, les coups pleuvent de toutes parts du gouvernement Trudeau alors que la troupe de François Legault fait preuve d’apathie, démontre des signes évidents de résignation et d’indifférence quand il ne se donne pas lui-même des coups de couteaux dans sa propre embarcation. Et c’est sans parler des contestations juridiques en cours des lois québécoises sur la langue et la laïcité qui risquent de subir des brèches importantes en Cour suprême.
Toutefois, c’est surtout au sujet du dossier de l’immigration que le bât blesse le plus sévèrement. Il y a environ un an, François Legault clamait à qui voulait l’entendre que le Québec deviendrait une seconde Louisiane s’il n’obtenait pas de nouveaux pouvoirs en immigration. Notre premier ministre du Québec, confiant d’obtenir gain cause contre Trudeau s’est littéralement fait rabrouer. Et, depuis lors, c’est l’omerta, et l’urgence brandie avec tant de conviction par Legault a fondu comme neige au soleil.
Enfin, le changement de cap soudain d’un tunnel auto-routier transformée en tunnel exclusivement réservé au transport en commun est venu ajouter la cerise sur le sundae. La pagaille est prise entre les Lévisiens et les citoyens de la Capitale nationale quoique plusieurs d’entre eux se proclament contre le nouveau projet. Un dossier qui démontre jusqu’à quel point l’équipage caquiste vogue sans inspiration sur une mer agitée.
vigile.quebec tribune libre 24 mai 2023
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24 mai 2023
Le 30 octobre 1995, la population du Québec se prononce par référendum sur un projet constitutionnel visant à faire du Québec un État souverain. Les résultats serrés de cette consultation, 50,6 % pour le Non contre 49,4 % en faveur du Oui, démontrent à quel point la société québécoise est divisée sur cette question.
En janvier 2006, le Directeur général des élections du Québec confie le mandat au commissaire Bernard Grenier de faire enquête sur les activités d’Option Canada dans les mois qui ont précédé le référendum de 1995.
Aujourd’hui, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), demande au gouvernement Legault de déclassifier tous les documents qui font encore aujourd’hui l’objet d’une ordonnance de non-publication sans limite de temps afin que soient dévoilées toutes les informations qui se cachent dans les archives de la commission Grenier. Or, Paul St-Pierre Plamondon, affirme avoir obtenu un avis juridique qui atteste que le gouvernement du Québec peut, « par simple loi, déclassifier toute l’information obtenue dans le cadre de cette enquête ».
Le 30 octobre 1995 marque un point culminant dans l’histoire politique du Québec. L’option du Oui à un Québec souverain est venue à un cheveu de l’emporter sur le NON. Or, « on sait qu’en 1995, des dizaines de milliers de personnes qui n’avaient pas le droit de vote ont voté, mais on ne sait pas exactement combien de millions de dollars ont été dépensés de manière illégale du côté du Non […] Une partie de la réponse se trouve peut-être dans les témoignages et les documents de la commission Grenier », a déclaré le chef du PQ en entrevue,
Les Québécois ont le droit de savoir. C’est une question de probité et de transparence auxquelles les documents cachés encore aujourd’hui, 28 ans plus tard, ne peuvent échapper. Au nom de la démocratie, le premier ministre Legault doit accepter la proposition de PSPP et faire en sorte que la vérité soit révélée.
vigile.quebec tribune libre 24 mai 2023
Le Devoir 26 mai 2023 "Que la lumière soit faite!"
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23 mai 2023
Lors de la nomination de Bernard Drainville à titre de ministre de l’Éducation, j’étais perplexe notamment en raison de son tempérament bourru qui n’inspirait rien de positif à la veille d’une négociation.
Depuis lors, les gaffes se multiplient. Allégation de comparaison boiteuse entre le salaire des députés et celui des enseignants, altercation avec la députée libérale Marwah Rizqy sur sa supposée démagogie dans le dossier du troisième lien, sortie publique contre le directeur du centre de Service scolaire du Pays-des-Bleuets au Lac-Saint-Jean, l’accusant d’un manque d’expérience, report de la mise en place de 2600 classes de maternelles 4 ans au lieu de bullshitter», défense du projet de troisième lien autoroutier arguant son désormais célèbre «lâchez-moi avec les GES!».
Et, à chaque occasion, des excuses ont suivi de la part de Bernard la gaffe. Soit! Or, M. Drainville occupe le poste de ministre de l’Éducation du Québec et, à ce titre, il se doit de se montrer exemplaire dans sa qualité du français et le choix de ses mots qui flirtent souvent avec l’injure et l’arrogance. En attendant, j’ai parfois l’impression qu’il a quitté le métier d’animateur à la radio mais que l’animateur de ligne ouverte ne l’a pas encore quitté. Il serait plus que temps qu’il adopte la stature d’un ministre de l’Éducation « haut de gamme ». en commençant par se tourner la langue sept fois avant d’ouvrir la bouche…
vigile.quebec tribune libre 22 mai 2023
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23 mai 2023
De toute évidence, les deux derniers congrès du Parti québécois (PQ) et du Bloc québécois ont pavé la voie au retour des lettres de noblesse de l’option souverainiste du Québec. Et qui plus est, les deux chefs des partis indépendantistes à Ottawa comme à Québec ont les deux mains sur le volant pour entreprendre cette grande épopée, ayant récolté tous les deux des votes de confiance de plus de 96% de la part des délégués.
Il ne faudra donc pas être surpris d’entendre parler souvent d’indépendance du Québec tant à Ottawa qu’à Québec, d’autant plus que l’option souverainiste, depuis des décennies, a été balayée sous le tapis en attendant les sempiternelles « conditions gagnantes ».
« Les Québécois ne se reconnaissant plus dans le Canada actuel, un pays qui se bâtit sans nous et qui mise de plus en plus sur des dérives idéologiques», a affirmé Paul St-Pierre Plamondon. Aux chefs de partis fédéralistes à Ottawa, il a lancé un message en anglais, qui lui a valu une ovation debout : «objects in the mirror are closer than they appear», soit «les choses que vous voyez dans le rétroviseur sont peut-être plus proches que vous ne le pensez», comme quoi l’indépendance sera bientôt de retour à l’agenda politique à Ottawa comme à Québec.
Depuis l’arrivée de Paul St-Pierre Plamondon à la tête du PQ, sa transparence et son engouement pour l’indépendance du Québec ont contribué sans le moindre doute à relancer le débat sur la souveraineté du Québec. Une solide alliance avec le Bloc québécois, axée sur la défense des pouvoirs du Québec, ne peut que contribuer à cimenter les deux partis autour de leur objectif commun.
vigile.quebec tribune libre 22 mai 2023
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21 mai 2023
C’est un secret de polichinelle, la santé mentale est le parent pauvre de notre système de santé au Québec. Les services d’aide et de soutien psychologiques sont inaccessibles. Le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, insiste pour affirmer que la santé mentale est prioritaire à ses yeux mais ces paroles ne sont souvent que des écrans de fumée.
Depuis mars 2020, soit le début de la pandémie, 213 Québécois âgés de 25 ans ou moins se sont suicidés. Un chiffre qui donne des frissons. Cette détresse a été encore plus mortelle que les routes au Québec. En comparaison, 87 jeunes de moins de 25 ans sont morts par suicide en 2021, soit 43 % de plus que sur la route pour la même catégorie d’âge, soit 61 décès.
Plus récemment, plusieurs suicides ont soulevé des lacunes dans les soins en santé mentale. D’ailleurs, le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide a plus que doublé chez les adolescentes de 10 à 14 ans entre 2008 et 2019, montre un rapport de 2022 de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Oui, vous avez bien lu, 10 ans, c’est catastrophique… C’est l’âge où on devrait être heureuse de jouer à la marelle!
Par ailleurs, où sont les manifestations pour la santé mentale? Quel syndicat dénonce le manque de ressources? Quel parent saurait quoi faire s’il voyait son enfant en détresse psychologique pour l’aider à s’en sortir? Et qui plus est, dans plusieurs rapports de coroners, on peut lire que le patient s’est suicidé dans les heures ou les jours suivant un congé de l’hôpital en psychiatrie. D’autres avaient vu leur psychologue ou médecin de famille peu de temps avant le passage à l’acte. Enfin, beaucoup de jeunes dépressifs sont encore réticents à aller chercher de l’aide.
Le suicide chez les jeunes constitue un intrus pervers contre lequel les ressources qui ont l’expertise pour intervenir adéquatement manquent à l’appel. En conséquence, il est plus que temps que le gouvernement sonne l’alarme et injecte les sommes nécessaires à la formation de psychiatres et de psychologues. C’est une question de priorité nationale…
vigile.quebec tribune libre 20 mai 2023
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21 mai 2023
Sans grande surprise, au moment où les négociations entre le gouvernement et les syndicats font du surplace, un premier syndicat d’enseignants a déjà donné le feu vert à une grève générale illimitée pour l’automne.
Parmi les revendications, les enseignants désirent notamment sensibiliser le gouvernement aux problèmes découlant de la composition des groupes, particulièrement des groupes dits « réguliers » dans lesquels sont intégrés des élèves à besoins particuliers à des élèves réguliers. Mais là où le bât blesse, c’est que la pénurie de main d’oeuvre sévit chez les professionnels spécialisés, tels les psychologues, les travailleurs sociaux, les psychopédagogues, etc..
Dans un autre ordre d’idée, le projet de loi 23 du ministre Drainville n’a pas l’heur de satisfaire la majorité des enseignants. À cet effet, Dominic Loubier, président du Syndicat de l’enseignement de la Chaudière (SEC), parlant du projet de M. Drainvile, mentionne que « ce n’est pas quelque chose qui va améliorer ni la réussite ni l’attraction-rétention dans les écoles du Québec. À l’automne, des gens non légalement qualifiés, il va y en avoir encore plus »,
Enfin, la prime de 12 000 $ offerte aux quelque 7000 enseignants admissibles à la retraite par la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, s’ils acceptent de rester en poste à temps plein durant la prochaine année scolaire, arrive beaucoup trop tard si l’on considère que les enseignants visés ont déjà complété les procédures de demande de retraite.
Somme toute, tous les astres sont alignés pour un automne chaud chez les syndicats d’enseignants qui sont déjà, à toutes fins pratique, sur le pied de guerre.
vigile.quebec tribune libre 20 mai 2023
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18 mai 2023
Sans grande surprise, l’intelligence artificielle (IA) et plus spécifiquement le robot ChatGPT font sentir leur présence à la vitesse grand V si bien que des profs de cégeps et des chargés de cours tirent la sonnette d’alarme et réclament d’urgence un moratoire afin de freiner le développement de l’intelligence artificielle, les intervenants étant confondus devant une explosion de cas de tricheries de la part des élèves.
Toutefois, là où le bât blesse, c’est qu’il est difficile de prouver hors de tout doute qu’il y a eu tricherie puisque l’efficacité des logiciels de détection est limitée. Et, qui plus est, des capsules qui circulent sur TikTok montrent comment contourner les logiciels de détection. C’est la quadrature du cercle. Les profs et les chargés de cours ont littéralement perdu le contrôle de cette nouvelle technologie.
Il est plus que temps que tous les intervenants en enseignement supérieur, y compris la ministre Pascale Déry, décrètent un moratoire, prennent un temps d’arrêt et fixent des balises uniformes pour tous les établissements d’enseignement supérieur eu égard à une utilisation sécuritaire de ChatGPT dans chacune des institutions.
Enfin, comme le parodiait si justement l’humoriste « visionnaire » Yvon Deschamps, « On n’est quand même pas pour mettre le monde dehors pour des machines ».
vigile.quebec tribune libre 17 mai 2023
Le Soleil (version numérique) 20 mai 2023
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18 mai 2023
De toute évidence, les délégués au congrès de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont confirmé presque à l’unanimité que François Legault était toujours l’homme tout désigné pour diriger le Québec en lui accordant un vote de confiance de 98,6%.
Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est au moment où le chef confirmé par les délégués du congrès transpose l’appui massif des délégués à la population du Québec en lançant par exemple que la la population l’appuie dans sa décision de reculer sur le projet de troisième lien Québec-Lévis.
Désolé, M. Legault, la majorité des Lévisiens n’est pas encore remise de ce volte-face eu égard à l’abandon de la voie auto-routière sous le fleuve. On pourrait aussi ajouter qu’une bonne partie de électeurs de la Capitale nationale éprouvent la même colère. En termes clairs, le dernier sondage révèle clairement que la popularité de François Legault a diminué significativement depuis les dernières semaines. C’est sans compter les déboires de la SAAQ, les problèmes de fermeture dans les RPA et le manque de places dans les CPE, et j’en passe… Bref, un début de deuxième mandat pour le moins difficile, voire désastreux.
Enfin, je suis porté à penser que le vote de confiance très élevé des délégués a voulu signifier un resserrement nécessaire autour de leur chef en cette période déstabilisante du conseil des ministres dans plusieurs dossiers prioritaires. Maintenant que la lune de miel fait partie du passé, François Legault retrouvera rapidement la réalité où, manifestement, sa cote de confiance est nettement inférieure à celle reçue auprès des délégués du congrès.
vigile.quebec tribune libre 17 mai 2023
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13 mai 2023
Des constats fort révélateurs ressortent d’une vaste consultation réalisée au cours des derniers mois par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) à laquelle ont participé près de 7000 enseignants qui appuient massivement l’interdiction du cellulaire en classe, sauf dans le cadre d’activités pédagogiques.
«Si, comme société, on s’entend sur un message social et on dit que le cellulaire n’a pas sa place dans la classe, ça porte beaucoup plus que quand tu es obligé, à la pièce, de gérer une situation comme celle-là», affirme Josée Scalabrini, présidente de la FSE.
Interrogé à ce sujet récemment par le député péquiste Pascal Bérubé à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a indiqué qu’il était « ouvert à y réfléchir ». Avouons qu’on est loin de la coupe aux lèvres!
De toute évidence, l’arrivée des nouvelles technologies de l’information, depuis des décennies, s’est développée à une vitesse vertigineuse jusqu’à l’arrivée récemment de l’intelligence artificielle (IA) avec en tête le robot ChatGPT, à tel point que notre société automatisée est en train d’oublier que c’est le cerveau humain qui l’a conçue…
Conséquemment, les enseignants doivent reprendre illico les rênes de la gouvernance de leurs classes pour le plus grand bien de la nécessaire complicité qui doit s’exercer entre les élèves et eux, à défaut de quoi l’école risque de se transformer en énorme laboratoire dans lequel les enseignant deviendraient de simples guides auprès des élèves. En termes clairs, on assisterait à la déshumanisation du lieu d’apprentissage qu’on appelle « encore » l’école!
vigile.quebec tribune libre12 mai 2023
quebechebdo tribune libre 14 mai 2023
Le Soleil (version numérique) 14 mai 2023
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12 mai 2023
L’initiative du siècle qui entend faire du Canada un pays de cent millions d’habitants d’ici 2100 continue de faire couler beaucoup d’encre, notamment à l’Assemblée nationale. Et, parmi les suggestions qui ont fusé de toutes parts sur les écueils qu’une telle « initiative » pourraient provoquer au Québec, je retiens celle du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, qui plaide pour une commission sur l’avenir du Québec.
En termes clairs, le Québec est pris en souricière. Ou il accueille quelque 212 000 immigrants annuellement et le français périclite à la vitesse grand V, ou il maintient sa politique sur les seuils d’immigration à quelque 50 000 arrivants par année et son poids politique dans l’ensemble du Canada aura pour effet de le ghettoïser.
Et pourtant, il existe bel et bien une troisième voie, à savoir l’indépendance du Québec, qui lui permettrait d’être entièrement maître de ses richesses naturelles, de l’éducation, de la santé et de l’immigration, et j’en passe… À cet effet, plusieurs pays plus petits que le Québec sur le plan de sa superficie et de sa population réussissent fort bien à tirer leur épingle du jeu sur la scène internationale.
Quoi qu’il en soit, il appartiendrait à une éventuelle commission sur l’avenir du Québec de déterminer son mandat et d’étudier les diverses hypothèses qu’auront devant les yeux les membres de cette commission qui devrait, en passant, être indépendante de toute allégeance politique. Le Québec vit une période cruciale de son histoire…À vous, M. Legault, d’en faire une proposition formelle à l’Assemblée nationale du Québec!
Le Devoir 12 mai 2023
vigile.quebec tribune libre 12 mai 2023
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