La question de l’urne

25 mars 2025

Bien avant le déclenchement des élections, les analystes et experts s’entendaient déjà tous sur la question de l’urne lors de la campagne électorale fédérale: «Carney ou Polievre, qui est le meilleur chef pour affronter Trump?» Or, avant l’arrivée de Trump dans le bureau ovale et encore aujourd’hui, les consommateurs étaient et sont toujours confrontés à une situation économique précaire en lien avec l’augmentation vertigineuse de leur panier d’épicerie, et des coûts du logement.

En conséquence, nonobstant le fait que les tarifs douaniers imposés par Donald Trump influencent à la hausse les prix à la consommation, je suis d’avis que la véritable question de l’urne pour les électeurs demeure inchangée et que, de facto, les chefs de partis devront concentrés leur discours sur la qualité de vie élémentaire de l’électorat, les tarifs de Trump ne venant qu’accroître une situation problématique déjà existante avant leur imposition. En bref, "Carney ou poilievre, qui est le meilleur chef pour aplanir la courbe de l'augmentation croissante des prix à la consommation?", telle est, à mon avis, la véritable question de l’urne.

https://www.lesoleil.com/opinions/parole-au-lecteur/

vigile.quebec tribune libre 25 mars 2025

Trump et l’éveil du patriotisme

23 mars 2025

Le Canada a été souvent, au cours de l’histoire, perçu comme le «petit frère» des États-Unis notamment sur le plan économique. Ainsi quand le dollar américain subit une décote, le dollar canadien accuse inévitablement un mouvement à la baisse.

Or depuis l’arrivée de Donald Trump à la tête des USA, et particulièrement dans la foulée de ses intentions d’annexer le Canada à titre de 51ième État de la terre de l’oncle Sam, et de l’imposition de tarifs douaniers de 25% sur les exportations canadiennes, nous assistons à un éveil du patriotisme canadien sans précédent qui se traduit par l’imposition de contre-tarifs envers les produits américains, et la priorisation d’achats locaux de la part des consommateurs canadiens.

S’ajoutent à cela le projet de corridor énergétique national dans le but de faciliter le transport et l’exportation du pétrole, du gaz, des produits agricoles, de l’électricité et des minéraux critiques et, par ricochet, de réduire la dépendance économique du Canada au marché américain, et l’intention d’éliminer les barrières commerciales entre les provinces et les territoires pour faire contrepoids aux tarifs douaniers américains.

Dans un contexte extrêmement fragilisé par un climat d’incertitude économique lié aux soubresauts imprévisibles de Donald Trump, il est réconfortant d’assister à une telle mobilisation de la part des dirigeants politiques des gouvernements fédéral et provinciaux, en espérant que ces mesures se perpétueront dans l’éventualité d’un assouplissement de la part des États-Unis.

Enfin, dans cet élan de patriotisme pancanadien, le Québec n’a pas d’autre choix que de s’y rallier par souci de solidarité avec le reste du Canada. En revanche, il demeure et demeurera toujours une société distincte dans le ROC peu importe les fluctuations économiques engendrées par le climat géopolitique dans lequel il est forcément plongé. C’est une simple question identitaire fondamentale et irréversible.

vigile.quebec tribune libre 23 mars 2025

Me, myself and I

21 mars 2025

En lisant la chronique d’Émilie Nicolas parue dans Le Devoir du 20 mars sous le titre Le pouvoir…nu , j’ai été littéralement sidéré par ses propos stupéfiants sur la bassesse humaine à laquelle se livrent au grand jour le président américain Donald Trump, le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou et le président soviétique Vladimir Poutine.

«Nous avons un enjeu d’empathie suicidaire civilisationnelle…La faiblesse fondamentale de la civilisation occidentale, c’est l’empathie… Même s’il considère important de «penser aux autres», Musk croit que l’empathie peut détruire la société». Quelle diatribe ignominieuse qui ouvre la voie inéluctablement au monde sordide du «me, myself and I» dans lequel le narcissisme et le nombrilisme outranciers font force de loi.

En revanche, «La mort de l’empathie humaine est l’un des premiers signes et des plus révélateurs d’une culture sur le point de sombrer dans la barbarie», écrivait Hannah Arendt. Trump, Nétanyahou et Poutine trempent à pieds joints dans leur univers déshumanisant où règnent en maître la loi du plus fort et le mépris systémique de toute forme d’empathie inconciliable avec leur appétit de prédateurs insatiables.

«La préoccupation pour les autres sont des traits que le patriarcat associe à la féminité, et donc au faible et au méprisable», argue la chroniqueuse. Un recul qui nous ramène plusieurs décennies en arrière, du temps où le rôle de la femme se limitait à être cantonnée à la maison, à enfanter et à pourvoir aux besoins de la famille.

«Trump et ses acolytes nous évoquent un imaginaire où le pouvoir est une fin en soi, la domination sert la domination, l’argent appelle l’argent, l’agression est une vertu qui se suffit à elle-même, et le seul intérêt qui puisse compter est le sien», poursuit Émilie Nicolas. Un extrait percutant qui illustre sans équivoque la prédominance du pouvoir pour le pouvoir et qui conduit sans coup férir à l’anarchie et au chaos de la société.

Sous l’effet pervers de Donald Trump, les Américains s’enlisent inévitablement dans un maelstrom séditieux dans lequel l’empathie envers l’autre est reléguée dans l’univers des archaïsmes, un discours alarmant et foncièrement déshumanisant. Vivement une voix qui s’élèvera du peuple et qui remettra les pendules à l’heure de la nécessaire empathie intrinsèquement liée à la nature humaine.

vigile.quebec tribune libre 21 mars 2025

Derrière le paravent de la commission d’enquête

21 mars 2025

En lien avec l’épineux dossier SAAQclic, le quotidien Le Devoir révélait le 19 mars que le ministre François Bonnardel, pendant son mandat à titre de ministre des Transports, a été avisé des problèmes de dépassements de coût dès le 28 septembre 2021. Or, toujours selon Le Devoir, le ministre Bonnardel a eu droit à une présentation du budget de la transformation du virage numérique de la SAAQ, en présence de la PDG de la SAAQ Nathalie Tremblay et du président du conseil d’administration, Konrad Sioui au cours de laquelle il a été divulgué que le coût du projet SAAQclic était passé de 458,4 M$ à 682 M$. Enfin, en bout de ligne, le projet affiche des dépassements de coûts de plus de 500 M$.

De son côté, François Bonnardel avait pourtant assuré, lors du dépôt du rapport de la vérificatrice générale en février dernier, avoir été «trompé» par des dirigeants de la SAAQ sur les coûts du projet. «Il n’y avait pas de dépassement de coûts, il n'y en avait pas! Je me protège comment contre le mensonge?», avait clamé le ministre.

Par ailleurs, le député péquiste Joël Arseneau est sans équivoque:«C’est une question de responsabilité ministérielle et j’en appelle au premier ministre François Legault de faire preuve de responsabilité pour rétablir la confiance envers son gouvernement. Il doit démettre François Bonnardel de ses fonctions…À plusieurs reprises, on a demandé à François Bonnardel ce qu’il savait et quand il avait été informé de la situation, il a toujours plaidé l’ignorance».

Or depuis l’annonce de la création d’une commission d’enquête publique et indépendante sur le chaos entraîné par SAAQclic, le discours de l’ex-ministre des Transports a changé. Dorénavant, M. Bonnardel ne plaide plus sa non-culpabilité concernant l’affaire SAAQclic mais allègue plutôt qu’il est disponible pour rencontrer les membres de la commission et leur offrir sa collaboration pleine et entière sur sa version des faits. François Bonnardel camoufle-t-il certains éléments tenus secrets jusqu’à maintenant en se réfugiant derrière la paravent de la commission d’enquête? À suivre…

vigile.quebec tribune libre 20 mars 2025

Déclin de la CAQ, prise 2

19 mars 2025

En octobre 2023, le Parti québécois (PQ), lors d’une élection partielle, ravit la circonscription de Jean-Talon à la Coalition avenir Québec (CAQ) laissée vacante par la démissionnaire caquiste Joëlle Boutin. Or près de dix-huit mois plus tard, le même scénario se répète alors que la candidate du PQ, Catherine Gentilcore, emporte le siège abandonné par le superministre caquiste Pierre Fitzgibbon dans Terrebonne avec quelque 53% des votes.

De toute évidence, la CAQ de François Legault n’est pas parvenue à se libérer du maelstrom généré par les interminables tergiversations liées au troisième lien entre Québec et Lévis, et se trouve aujourd’hui confronté à deux scandales, soit l’épineux dossier de SAAQclic d’une part, et la situation périlleuse dans laquelle se retrouve le projet Northvolt d’autre part.

Par ailleurs, certains analystes, au cours de la campagne électorale dans Terrebonne, ont avancé l’idée qu’un parti prônant l’indépendance du Québec pouvait nuire au climat géo-politique instable créé par les sautes d’humeur du président Trump, et à la protection du néo- sentiment d’unité nationale au Canada. Or force est de constater que cette supposée «peur» ne s’est pas manifestée à preuve qu’il est tout à fait possible de manger et de marcher en même temps, une position dans laquelle le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, peut aisément naviguer en temps opportun.

La défaite de la CAQ dans Terrebonne combinée à celle de Jean-Talon s’inscrivent, selon moi, dans le prolongement d’un déclin irréversible qui risque d’aboutir à un échec cuisant en 2026. Les méfaits dévastateurs de l’usure du pouvoir laissent des traces profondes dans le paysage politique de la CAQ, lesquelles se manifestent hors de tout doute dans les derniers sondages qui placent la CAQ derrière le Parti libéral du Québec (PLQ) et le PQ. Enfin, ce qui ajoute au sentiment de déni de la population envers la CAQ, le prochain budget du ministre Girard risque de se traduire en une augmentation du déficit liée, entre autres, aux tarifs douaniers du président américain.

vigile.quebec tribune libre 19 mars 2025

Règlement et sanction, des concepts indissociables

18 mars 2025

D’entrée de jeu, il faut souligner avec enthousiasme l’effort du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville dans sa lutte contre l’intimidation à l’école, un phénomène croissant auquel sont confrontés quotidiennement de nombreux élèves à l’intérieur et à l’extérieur des murs de l’école, et dont les conséquences pernicieuses peuvent pousser certains jeunes jusqu’au suicide.

Certes, la sensibilisation aux effets collatéraux de l’intimidation incarne une première étape déterminante sans laquelle ce fléau va continuer d’empoisonner sans coup férir le climat de l’école.Toutefois, afin de s’assurer de l’efficacité de cette démarche, l’implantation de règlements s’avère indispensable à défaut de quoi les forums de discussion sur l’intimidation risquent de passer comme lettres mortes dans le quotidien des élèves.

De plus, il m’apparaît primordial que le règlement soit appuyé de sanctions sans lesquelles les règlements n’incarneront ni plus ni moins qu’une pieuse litanie de bonnes intentions. Or notre société dite évoluée semble avoir développé une allergie systémique à l’égard des conséquences imputables des gestes posés contre les règles établies. Une frilosité qui se manifeste par un laxisme éhonté quand vient le temps d’accorder une sanction sur un comportement inexcusable telle l’intimidation.

La lutte contre l’intimidation à l’école ne demeurera qu’un vœu pieux tant et aussi longtemps qu’elle ne sera pas enchâssée clairement dans une politique interne énonçant sans détour les règlements ET sanctions qui la sous-tendent. En termes clairs, les dirigeants des écoles doivent prendre le taureau par les cornes et passer de facto de la parole aux actes s’ils aspirent véritablement museler le fléau désastreux lié à l’intimidation à l’école.

vigile.quebec tribune libre 18 mars 2025

Projet de loi 89, une jambette aux travailleurs syndiqués

18 mars 2025

Le projet de loi 89 du ministre du Travail, Jean Boulet, évoquant l’importance «d’éviter que ne soit affectée de manière disproportionnée la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population, notamment celle des personnes en situation de vulnérabilité», a eu l’effet d’une bombe chez les travailleurs syndiqués. Dans le cadre de ce projet de loi, le ministre impose dorénavant des services essentiels dans pratiquement tous les secteurs d’emploi. De plus, il s’arroge le pouvoir de mettre fin aux conflits de travail alors qu’il dispose déjà de tous les leviers pour forcer les parties à régler les conflits et à y mettre fin.

De surcroît, le ministre est tout à fait conscient que la partie patronale n’aura pour ainsi dire plus d’intérêt à négocier de bonne foi avec les syndicats, sachant très bien qu’en bout de piste, un arbitrage sera imposé. Partant du principe que le ministre Boulé est de bonne foi dans ses intentions de protéger la population dans les cas de force majeure, force est de constater que l’éventai démesuré de secteurs qu’il souhaite mettre à l’abri d’un arrêt de travail dépasse les bornes du raisonnable. En bref, le projet de loi 89 n’incarne rien de moins qu’une loi spéciale tous azimuts dans un contexte économique d’instabilité lié aux tarifs douaniers imposés par notre voisin du Sud, lesquels conduiront inéluctablement à des mises à pied. Un bien mauvais timing, c’est le moins qu’on puisse dire.

Face à un climat aussi explosif dans le monde des travailleurs syndiqués et nonobstant le fait que le ministre du Travail cherche à minimiser les effets contraignants d’un arrêt de travail sur la qualité de vie de la population, je suis plutôt d’avis que Jean Boulé prenne en compte non seulement les revendications des travailleurs mais aussi la position des employeurs à l’égard des conditions de travail de leurs employés. Et ce n’est sûrement pas en confrontant aussi cavalièrement les travailleurs qu’il parviendra à créer un sain climat de travail.

Conséquemment, M. Boulé, vous auriez avantage à troquer la jambette par une invitation à la négociation bipartite essentielle à toute solution équitable à un conflit de travail…

vigile.quebec tribune libre 16 mas 2025

Vieillir à domicile

16 mars 2025

Selon un sondage Segma commandée par la Coalition pour la dignité des aînés, 68,2 % des personnes interrogées estiment que l’action gouvernementale en faveur des aînés est insatisfaisante et, parmi ces répondants, 24,1 % la jugent même très insatisfaisante.   

Peu importe les études et les sondages sur les besoins des aînés, il en ressort immanquablement toujours l’importance de doter les soins à domicile des structures et des budgets nécessaires à assurer une saine qualité de vie des soins à domicile. À cet effet, il est intéressant de considérer que les données de la Commissaire à la santé et au bien-être montrent que le coût du soutien à domicile est considérablement moins élevé que l’hébergement en établissement, le coût annuel moyen de fonctionnement pour une personne recevant des services de soutien à domicile en 2023 étant estimé à 13 900 $ alors qu’il varie de 67 400 $ à 96 800 $ pour une personne en hébergement dans un CHSLD.

C’est bien connu, les personnes âgées constituent les «parents pauvres» de notre système de santé publique. Dans une société où la productivité est érigée en objectif à atteindre pour s’assurer d’une qualité de vie saine et prospère, il est indéniable que les aînés ne répondent pas à des critères en contradiction avec leur état de santé défaillant.

Dans un contexte aussi mercantile, sommes-nous en train d’oublier que nos aînés incarnent des personnes humaines à part entière et que, de facto, elles sont en droit de vieillir en paix et en sécurité à domicile? Sommes-nous en train d’oublier que les personnes âgées ont bâti à la sueur de leur front le Québec florissant dans lequel nous avons le privilège de vivre et de nous épanouir? Sommes-nous en train d’oublier que les personnes âgées sont les dignes représentants de notre culture québécoise et, qu’à ce titre, elles méritent toute notre reconnaissance et notre dévouement à leur égard?

À une période où notre système de santé craque de partout, il devient impérieux que ses dirigeants se rappellent des bâtisseurs du Québec et leur procurent un mode de vie dans lequel ils pourront vieillir dans la dignité. C’est une simple question de justice sociale élémentaire.

vigile.quebec tribune libre 15 mars 2025

Le culot de Fitzgibbon

14 mars 2025

On se souviendra de la publicité monstre liée à la signature du contrat du siècle avec Northvolt au moment de la signature du contrat avec le géant suédois. Or on apprend avec stupéfaction aujourd’hui que le gouvernement du Québec doit assumer une perte de 270 M$ puisée dans les poches des contribuable québécois en raison de la faillite du producteur de batteries.

De son côté, le ministre responsable de l’Économie et de l’Énergie de l’époque et ardent promoteur du contrat avec Northvolt, Pierre Fitzgibbon, n’exprime aucun regret et continue de soutenir qu’il ne démissionnerait pas s’il était toujours en poste. «Je crois au projet, je crois à la filière batterie, je suis encore impliqué dans certains dossiers…La filière batterie, c’est un chemin de non-retour», se targue l’ex-numéro deux du gouvernement Legault.

Or un tel fiasco économique aurait dû commander tout au moins un soupçon de modestie et d’humilité de la part de M. Fitzgibbon au lieu d’afficher une attitude méprisante, voire purement cavalière envers ses responsabilités ministérielles de saine gestion. Dans cette saga financièrement catastrophique, il faut retenir que le culot de Pierre Fitzgibbon n’a d’égale que sa désinvolture outrancière envers les contribuables québécois.

vigile.quebec tribune libre 13 mars 2025

Le culot de Fitzgibbon

14 mars 2025

On se souviendra de la publicité monstre liée à la signature du contrat du siècle avec Northvolt au moment de la signature du contrat avec le géant suédois. Or on apprend avec stupéfaction aujourd’hui que le gouvernement du Québec doit assumer une perte de 270 M$ puisée dans les poches des contribuable québécois en raison de la faillite du producteur de batteries.

De son côté, le ministre responsable de l’Économie et de l’Énergie de l’époque et ardent promoteur du contrat avec Northvolt, Pierre Fitzgibbon, n’exprime aucun regret et continue de soutenir qu’il ne démissionnerait pas s’il était toujours en poste. «Je crois au projet, je crois à la filière batterie, je suis encore impliqué dans certains dossiers…La filière batterie, c’est un chemin de non-retour», se targue l’ex-numéro deux du gouvernement Legault.

Or un tel fiasco économique aurait dû commander tout au moins un soupçon de modestie et d’humilité de la part de M. Fitzgibbon au lieu d’afficher une attitude méprisante, voire purement cavalière envers ses responsabilités ministérielles de saine gestion. Dans cette saga financièrement catastrophique, il faut retenir que le culot de Pierre Fitzgibbon n’a d’égale que sa désinvolture outrancière envers les contribuables québécois.

vigile.quebec tribune libre 13 mars 2025